Make ou do, la frontière et les expressions à retenir

Les deux verbes se traduisent par « faire », et c'est bien le problème. Il existe une logique derrière la répartition, elle explique une bonne moitié des cas, et le reste s'apprend par blocs entiers plutôt que mot à mot.

Berlitz FranceVocabulaire7 minutes de lecture

Une table de cuisine le soir, éclairée par une lampe de côté : un cahier à spirale ouvert, une tasse de thé, des lunettes posées sur la page et un ordinateur portable entrouvert derrière.
Les collocations s'apprennent rarement d'un coup. Elles s'installent quand on les rattache à une phrase qu'on aura vraiment à dire.

Sept heures et demie du soir, une cuisine, un cahier ouvert à côté d'une tasse froide. Leïla prépare une présentation pour jeudi et bute sur une phrase qu'elle a déjà réécrite quatre fois. Elle voulait dire que son équipe avait fait des progrès. Elle a tapé « we have done a lot of progress », l'a relu, l'a trouvé bizarre sans savoir pourquoi.

Elle a raison de se méfier. La phrase juste est « we have made a lot of progress », et aucune traduction depuis le français ne le lui aurait indiqué, puisque « faire des progrès » ne contient pas l'ombre d'un indice.

C'est la difficulté particulière de cette paire. Ce ne sont pas deux verbes qu'on confond parce qu'ils se ressemblent, ce sont deux verbes qui recouvrent ensemble le territoire d'un seul mot français, et la frontière entre eux ne passe pas là où notre langue l'aurait tracée.

Il y a pourtant une logique. Partielle, mais réelle, et suffisante pour trancher la plupart des cas du quotidien professionnel.

L'essentiel

  • Make s'emploie quand l'action produit quelque chose qui n'existait pas avant : un objet, une décision, un bruit, une erreur. Do s'emploie pour l'activité elle-même, le travail, les tâches et les obligations, sans résultat matériel nouveau.
  • Un grand nombre de tournures échappent à cette logique et se retiennent comme des blocs figés : make a mistake, make progress, make an effort d'un côté, do business, do research, do damage de l'autre.
  • Certaines expressions changent de sens selon le verbe choisi. Do the dishes signifie laver la vaisselle, make dinner signifie préparer le repas, et do someone's hair n'a rien à voir avec make-up.

La logique de fond : produire quelque chose ou accomplir une activité

Le point de départ le plus solide est celui-ci : make regarde le résultat, do regarde l'activité. Avec make, il y a quelque chose au bout, qui n'existait pas avant l'action. Avec do, il y a une tâche à accomplir, une occupation, un travail, et rien de neuf ne sort de l'opération.

Cela s'entend bien avec les objets fabriqués. She made a cake. He makes furniture in his garage. Le gâteau et le meuble apparaissent, ils sont le produit de l'action. On peut d'ailleurs remonter à la matière : this bag is made of leather, ces chaises are made in Portugal.

Do, à l'inverse, se pose sur l'activité indéterminée ou déjà nommée par ailleurs. What are you doing? I'm doing my homework. I have a lot of work to do before Friday. Rien ne naît de ces phrases, on y traverse un volume de tâches. C'est aussi pourquoi do sert d'auxiliaire dans les questions et les négations, ce qui n'est pas un hasard : le verbe est le plus général de la langue.

La logique tient encore pour des productions immatérielles, et c'est là qu'elle devient utile. Faire du bruit, prendre une décision, formuler une remarque, tout cela crée quelque chose qui n'était pas là. She made a noise. They made a decision on Tuesday. He made an interesting point during the meeting.

Reste que cette logique explique peut-être la moitié des cas. Pour l'autre moitié, il faut accepter d'apprendre des blocs.

Les expressions avec make qu'il faut connaître par cœur

Certaines tournures avec make sont si fréquentes qu'elles valent la peine d'être mémorisées telles quelles, avec un exemple attaché. La plupart tournent autour de la parole, de la décision et de l'effort, ce qui reste cohérent avec l'idée de production, mais on gagne du temps à ne pas raisonner à chaque fois.

Notez au passage make a mistake, qui est probablement la collocation la plus utile de toute la liste et la plus souvent ratée. Personne ne dit do a mistake.

make a mistake
I made a mistake in the second column. On dit aussi make an error dans un registre plus formel.
make progress
Her English has made real progress this year. Attention, progress est indénombrable : jamais de s, jamais de a progress.
make an effort
Please make an effort to arrive on time. Au pluriel également : they made every effort to help us.
make a decision
We need to make a decision before the end of the week. Take a decision existe en anglais britannique, surtout à l'écrit institutionnel, mais make reste le choix sûr.
make an appointment
I'd like to make an appointment with Dr Owens. Utile au téléphone, et rarement remplaçable.
make money
The company started making money in its third year. Idem pour make a profit, make a living.
make a suggestion
Can I make a suggestion? Même construction pour make a comment, make a remark, make an offer.
make sure
Make sure you lock the door. Très courant à l'oral, suivi directement d'une proposition.
make friends
He made a few friends during the training course. On ne fabrique pas des amis, on en produit néanmoins, linguistiquement parlant.
make a noise / a mess
The children made a terrible mess in the kitchen. Le désordre compte comme un résultat.

Les expressions avec do, et pourquoi elles vont ensemble

Les collocations avec do se regroupent assez naturellement autour de trois zones : le travail et les études, les tâches domestiques, et une série d'expressions figées qui ne se laissent ranger nulle part.

Le travail d'abord. Do a job, do business, do research, do an experiment, do a course, do homework, do exercise. On y accomplit une activité définie, on n'en fabrique pas le produit. He does research on urban transport. We've been doing business with them since 2019.

Les tâches ensuite, et c'est le bloc le plus mécanique de la langue. Do the dishes, do the laundry, do the shopping, do the cleaning, do the ironing. Whose turn is it to do the dishes? En anglais britannique, on entend aussi do the washing-up. Retenez le schéma do + the + nom d'activité domestique, il fonctionne presque sans exception.

Enfin quelques figées qu'il vaut mieux emmagasiner directement. Do someone a favour. Do your best. Do harm ou do damage. Do well ou do badly. The storm did a lot of damage to the roof. She did well in her exams. He did me a huge favour last month.

Un dernier cas mérite l'attention parce qu'il revient dans toute conversation de politesse : do the talking, do the driving, do the cooking, quand on répartit les rôles. I'll do the driving, you do the navigating.

Les paires qui changent de sens selon le verbe

Quelques noms acceptent les deux verbes, et le sens bascule. Ce sont les cas où l'erreur ne se contente pas d'être maladroite, elle dit autre chose que ce que vous vouliez dire.

Avec dinner, la nuance est nette. Make dinner, c'est cuisiner. Do dinner reste possible dans un registre familier au sens d'organiser, de s'occuper du repas au sens large, mais si vous parlez de la préparation, make est le verbe.

Autre couple utile : do your hair signifie se coiffer, arranger sa coiffure, tandis que make-up désigne le maquillage et fonctionne comme un nom, jamais comme make your face. She was doing her hair when I called.

Il y a aussi le contraste entre do good et make good. The new policy did a lot of good in the department décrit un bénéfice réel. Make good, plus rare, s'emploie surtout dans make good on a promise, tenir un engagement.

Ce qui se dit, ce qui ne se dit pas

Les erreurs qui suivent sont celles qu'un francophone produit en traduisant « faire » de façon régulière. Aucune n'empêche la compréhension, toutes s'entendent.

  • I did a mistake in my report.

    I made a mistake in my report.

    L'erreur est un produit de l'action, pas une tâche accomplie. Make est la seule option.

  • We did a lot of progress this quarter.

    We made a lot of progress this quarter.

    Progress va avec make, et reste indénombrable : ni progresses, ni a progress.

  • She makes research on climate policy.

    She does research on climate policy.

    La recherche est une activité, pas un objet fabriqué. Même logique pour do an experiment.

  • Can you make me a favour?

    Can you do me a favour?

    Expression entièrement figée. Le service rendu se dit toujours avec do.

  • He makes his homework after dinner.

    He does his homework after dinner.

    Le travail scolaire relève du bloc do + études. Idem pour do an exercise.

  • They did a decision yesterday.

    They made a decision yesterday.

    La décision naît de la délibération, elle est donc un résultat.

Comment ces blocs entrent vraiment en mémoire

Une liste de collocations relue vingt fois ne s'installe presque jamais. Le mécanisme qui fonctionne est plus bête : associer chaque tournure à une phrase que vous auriez de bonnes raisons de prononcer cette semaine. I need to make an appointment with the dentist vaut mieux que make an appointment tout seul, parce que la phrase entière se rappelle d'un bloc.

Un deuxième réflexe aide beaucoup à l'oral. Quand vous hésitez, posez-vous la question du résultat. Est-ce qu'il y a quelque chose de nouveau au bout de l'action, un objet, un son, une décision, une somme d'argent ? Si oui, tentez make. Sinon, do a de fortes chances d'être le bon. Cette question ne réglera pas do me a favour, mais elle trie le reste en une demi-seconde.

Il vaut aussi la peine de repérer que ces deux verbes portent une charge grammaticale au-delà du vocabulaire. Make entre dans des structures causatives, make someone do something, sans to : the film made me cry, her manager made her rewrite the whole thing. C'est un autre chantier, souvent abordé au même palier, et il croise celui du choix entre gérondif et infinitif après un verbe.

Enfin, ces collocations ne sont pas des ornements. Elles sont ce qui distingue un anglais correct d'un anglais qui sonne juste, et c'est précisément le seuil que décrit le palier B1.2. Vous trouverez les autres points attendus au même moment, et ceux qui viennent après, rangés dans la grammaire anglaise niveau par niveau.

Reste une dernière chose, plus rassurante qu'il n'y paraît : les locuteurs natifs eux-mêmes n'ont aucune règle consciente pour ces paires. Ils ont seulement entendu les blocs des milliers de fois.

Questions fréquentes

Comment savoir s'il faut employer make ou do ?

La règle la plus fiable consiste à demander si l'action produit quelque chose de nouveau. Make s'emploie quand un résultat apparaît : un objet, un bruit, une décision, une erreur, de l'argent. Do s'emploie pour une activité, un travail ou une tâche, sans production nouvelle : do the dishes, do research, do your homework. Une part des expressions échappe malgré tout à cette logique et se retient comme des blocs figés.

On dit make a mistake ou do a mistake ?

Make a mistake, sans exception. I made a mistake in the calculation. La même construction vaut pour make an error, un peu plus formel. Do a mistake est une erreur fréquente chez les francophones, parce que le français dit « faire une faute ».

Pourquoi dit-on make progress et pas do progress ?

Parce que le progrès est traité comme un résultat produit par l'action, ce qui appelle make. Attention également au nombre : progress est indénombrable en anglais, donc pas de s au pluriel et pas d'article indéfini. On dit we made a lot of progress ou she has made some progress, jamais progresses ni a progress.

Quelle différence entre make dinner et do dinner ?

Make dinner signifie préparer le repas, cuisiner. I'll make dinner tonight. Do dinner existe dans un registre familier, au sens de s'occuper du dîner ou de le prévoir ensemble, mais il ne décrit pas l'acte de cuisiner. Si vous parlez de la préparation, employez make.

À quel niveau apprend-on cette distinction ?

La distinction est abordée très tôt, dès les premières leçons, à travers quelques expressions isolées. Sa maîtrise réelle, avec les collocations courantes du monde professionnel, est attendue autour du palier B1.2 du cadre européen. À ce stade, ce sont ces associations de mots, plus que la grammaire, qui font la différence entre un anglais compris et un anglais naturel.

Pour aller plus loin

Dans le dossier Ressources

Vous révisez le B1.2.Reste à savoir où vous en êtes vraiment.

Le test de niveau situe votre anglais sur une échelle de dix paliers, à l'écrit comme à l'oral. Il est gratuit et il ne vous engage à rien.