Camille relit son mail avant de l'envoyer. Une phrase la retient : « I've attached my colleague's notes and the client's feedback. » Deux apostrophes en huit mots. Elle hésite, les enlève, les remet, finit par écrire « the notes of my colleague », ce qui ne va pas non plus, et envoie quand même.
Le mail était juste au départ. Ce qui manquait, c'était la certitude, et cette certitude tient à une distinction assez simple : l'anglais dispose de deux façons de dire à qui appartient quoi, et l'apostrophe n'appartient qu'à l'une des deux.
D'un côté les adjectifs possessifs, my, your, his, her, its, our, their, qui se placent devant le nom et ne prennent jamais d'apostrophe. De l'autre le 's, qui s'accroche au possesseur quand celui-ci est nommé. My sister's car. Le mien, la voiture de ma sœur.
Le reste est une affaire de placement. Et de trois cas particuliers qui font trébucher tout le monde.
L'essentiel
- Les adjectifs possessifs anglais (my, your, his, her, its, our, their) s'accordent avec le possesseur et non avec l'objet possédé : on dit her brother pour « son frère » si la personne qui possède est une femme.
- Le 's possessif se place après le possesseur : the girl's bag au singulier, the girls' bags si les possesseurs sont plusieurs et que le pluriel se termine déjà par un S.
- Its est un possessif et ne prend pas d'apostrophe ; it's est toujours la contraction de it is ou it has. La même règle vaut pour your et you're, their et they're.
Deux systèmes, une seule apostrophe
L'anglais exprime l'appartenance de deux manières, et elles ne se mélangent pas. Soit le possesseur est remplacé par un mot court placé devant le nom : my keys, their house, our decision. Soit le possesseur est nommé, et il reçoit alors la marque 's : Anna's keys, my parents' house, the team's decision. Dans le premier cas, aucune apostrophe, jamais. Dans le second, elle est obligatoire.
La confusion vient du français, qui n'a qu'un seul outil pour la seconde situation : la préposition « de ». Les clés d'Anna, la maison de mes parents. L'anglais préfère nettement l'ordre inverse quand le possesseur est une personne, ce qui donne cette impression de phrase à l'envers au début. On nomme d'abord celui qui possède, ensuite ce qu'il possède.
L'autre source d'erreur est le S lui-même. Il apparaît au pluriel (two cars), à la troisième personne du présent (she works) et dans le possessif (Tom's car). Trois emplois, trois logiques, un seul son. C'est pour cette raison que l'apostrophe compte : à l'écrit, elle est le seul signe qui distingue le possessif du pluriel.
Retenez la question à se poser devant un S final : est-ce qu'il y a plusieurs choses, ou est-ce que quelque chose appartient à quelqu'un ? My friends live here, ils sont plusieurs. My friend's here, il est seul et cette maison est la sienne.
Les adjectifs possessifs s'accordent avec le possesseur
C'est la difficulté principale pour un francophone, et elle n'a rien à voir avec l'apostrophe. En français, « son » et « sa » s'accordent avec l'objet : sa voiture, son vélo, quel que soit le propriétaire. En anglais, le choix se fait sur le possesseur. Un homme : his car, his bike. Une femme : her car, her bike. La forme de l'objet ne change rien.
Deux phrases suffisent à mesurer l'écart. « Paul is talking to his mother » et « Paul is talking to her mother » ne disent pas la même chose : dans la première, c'est la mère de Paul, dans la seconde, celle d'une autre personne. Le français dirait « sa mère » dans les deux cas et devrait préciser autrement. L'anglais tranche d'un mot.
Its sert pour un objet, un lieu, un animal dont le sexe n'est pas précisé, une entreprise, une idée abstraite : the company and its employees, the film and its ending. Pour les animaux de compagnie, beaucoup d'anglophones emploient his ou her, et c'est parfaitement admis.
Their fonctionne aussi au singulier quand on ne veut pas préciser le genre de la personne. « Someone left their umbrella in the hall » est courant à l'oral comme à l'écrit, y compris dans la presse. C'est un usage installé, pas une négligence.
- my
- My office is on the second floor. Une seule forme, que l'objet soit singulier ou pluriel : my colleagues, my desk.
- your
- Sert pour une personne comme pour plusieurs : your passport, madame, ou your passports, tout le monde. L'anglais ne distingue pas ton et votre.
- his / her
- Le choix dépend de qui possède. Nadia forgot her charger. Marc forgot his charger.
- its
- Pour une chose ou un animal indéterminé. The hotel has lost its licence. Sans apostrophe, dans tous les cas.
- our
- Our train leaves at nine. Attention à la prononciation, souvent réduite à un son proche de « are » dans le débit rapide.
- their
- Pour plusieurs possesseurs, ou pour une personne dont on ne précise pas le genre. The neighbours have repainted their fence.
Où mettre l'apostrophe quand le possesseur est nommé
La règle de base tient en une ligne : on ajoute 's au possesseur. The teacher's desk, Michael's phone, the dog's basket, today's meeting. Le nom qui suit ne change pas, et il perd son article : on écrit Michael's phone, pas the Michael's phone.
Quand le possesseur est un pluriel régulier, donc déjà terminé par un S, l'apostrophe se place après ce S et on n'en ajoute pas d'autre. The students' results, the workers' rights, my grandparents' garden. C'est ici que le sens bascule sur un signe : the girl's changing room est un vestiaire pour une fille, the girls' changing room est le vestiaire des filles.
Les pluriels irréguliers, eux, se comportent comme des singuliers, puisqu'ils ne finissent pas par un S. On écrit donc the children's books, the women's team, the men's department. Si le pluriel de la forme vous échappe encore, le pluriel anglais et ses formes irrégulières se révisent utilement avant ce point-ci.
Reste le cas des noms propres terminés par un S. James, Charles, Paris. Les deux graphies circulent, James's book et James' book, et aucune n'est fautive. La première correspond à la prononciation la plus répandue et c'est celle que retiennent la plupart des guides de style ; la seconde reste fréquente dans la presse. Choisissez-en une et tenez-la sur tout le document.
Ce qu'on écrit spontanément, ce qui se dit
Ces quatre erreurs sont les plus tenaces, et elles se corrigent sans rien apprendre de nouveau.
the car of my brother
my brother's car
Avec un possesseur humain, l'anglais met le possesseur devant. La construction avec of existe mais sonne lourde ici.
the childrens' toys
the children's toys
Children est déjà un pluriel et ne se termine pas par un S. L'apostrophe se place donc avant le S ajouté.
Its a long story.
It's a long story.
Ici it's remplace it is. Le possessif its, sans apostrophe, sert uniquement à dire « son, sa, ses » pour une chose.
This book is my.
This book is mine.
Devant un nom on emploie my ; seul, en fin de phrase, il faut le pronom possessif mine, yours, his, hers, ours, theirs.
Its, it's, your, you're : la faute la plus visible
Ces paires reviennent partout, et l'erreur y est immédiatement repérée par un lecteur anglophone, davantage qu'une hésitation sur un temps. Its est un possessif, sans apostrophe : the plant has lost its leaves. It's est une contraction, toujours : it's raining, it's been a long week. Aucune exception.
La logique paraît inversée, puisque l'apostrophe marque ailleurs la possession. Elle s'explique par l'ancienneté de its, formé comme his, qui n'en prend pas non plus. Personne n'écrit hi's book. Its suit le même chemin.
Le test est mécanique et il fonctionne à chaque fois : remplacez par « it is » ou « it has ». Si la phrase tient, l'apostrophe est nécessaire. « It is leaves » ne tient pas, donc on écrit its leaves. Le même test vaut pour your et you're (you are), their et they're (they are), whose et who's (who is).
Whose mérite un mot de plus, parce qu'il est à la fois le possessif interrogatif et un relatif. Whose bag is this ? Et : the man whose son plays with mine. Jamais d'apostrophe, dans un cas comme dans l'autre.
Quand of reste la bonne solution
Le 's ne convient pas partout. Avec les objets inanimés, l'anglais préfère souvent of, ou tout simplement deux noms accolés. On dit the end of the film plutôt que the film's end, the top of the page, the name of the street, et aussi a car door, a kitchen table, a bus stop, sans marque de possession du tout.
La frontière n'est pas étanche. Les groupes humains, les organisations, les pays et les périodes acceptent très bien le 's : the government's decision, France's economy, the company's results, last year's figures, a week's holiday. L'usage l'accepte aussi dans des expressions de temps et de distance, comme in two hours' time ou a ten minutes' walk.
Of devient carrément préférable quand le possesseur est long ou suivi d'une précision. « The opinion of the woman I met yesterday » se lit mieux que la version avec 's, qui obligerait à faire attendre l'apostrophe jusqu'au bout du groupe. En cas de doute sur une phrase longue, of vous sauve.
Il existe enfin une construction double, dite génitif double, qu'on rencontre plus qu'on ne l'imagine : a friend of mine, a colleague of Sarah's. Elle sert à dire « un parmi plusieurs » et non « le seul ». My friend suppose que je n'en ai qu'un ou que vous savez lequel ; a friend of mine reste neutre. Petite nuance, effet immédiat sur la précision de ce que vous dites.
Ce point-là ne s'apprend pas en le lisant. Il s'installe en écrivant trois phrases sur vos propres affaires, votre famille, votre bureau, puis en les relisant à voix haute le lendemain. Vous verrez tout de suite quelles apostrophes vous n'avez pas mises.
Questions fréquentes
Où se place l'apostrophe au pluriel : boys' ou boy's ?
Tout dépend du nombre de possesseurs. Si un seul garçon possède, on écrit the boy's bike. S'ils sont plusieurs, le pluriel boys se termine déjà par un S et l'apostrophe se met après : the boys' bikes. Pour les pluriels irréguliers, qui ne prennent pas de S, on revient à la forme normale : the children's bikes, the women's changing room.
Pourquoi its ne prend-il pas d'apostrophe ?
Parce que its est un adjectif possessif, comme his, her ou their, et qu'aucun de ces mots ne porte d'apostrophe. L'apostrophe dans it's signale toujours une contraction de it is ou it has. Le test est simple : remplacez par « it is » ; si la phrase garde un sens, écrivez it's, sinon écrivez its. « The city and its history » ne supporte pas « it is », donc pas d'apostrophe.
Faut-il dire the car of my sister ou my sister's car ?
My sister's car. Quand le possesseur est une personne, l'anglais le place devant l'objet avec la marque 's. La construction avec of s'emploie plutôt pour des choses, des lieux ou des idées : the end of the story, the roof of the building. Elle redevient utile quand le possesseur est un groupe de mots long, par exemple the opinion of the man sitting next to me.
Comment dit-on « son » en anglais quand on ne connaît pas le genre ?
On emploie couramment their, même pour une seule personne : « Someone has forgotten their coat. » Cet usage est ancien, largement répandu à l'oral comme dans la presse, et il ne passe pas pour une faute. Les formulations his or her existent aussi mais alourdissent la phrase. Pour une chose ou un animal indéterminé, c'est its.
Quelle différence entre my et mine ?
My se place devant un nom : this is my seat. Mine s'emploie seul, sans nom derrière : this seat is mine. La même distinction vaut pour your et yours, her et hers, our et ours, their et theirs. His sert dans les deux positions, ce qui explique bien des hésitations : his coat, et that coat is his.
Pour aller plus loin
- La grammaire anglaise, niveau par niveauToutes les fiches rangées par palier du CECRL, du présent simple aux structures les plus avancées. Utile pour situer ce que vous maîtrisez déjà.
- Le S de la troisième personneL'autre S de l'anglais, celui des verbes. Le confondre avec le possessif est l'erreur la plus fréquente à l'écrit.
- Le pluriel anglais et ses irrégularitésChildren, women, feet, mice : les formes qui changent l'endroit où se pose l'apostrophe du possessif.
- A, an, the : l'article anglaisParce que le possessif fait disparaître l'article, et qu'il faut savoir ce qu'on supprime.
Dans le dossier Ressources
- ConjugaisonLes verbes irréguliers anglais, classés par sonoritéRangés par ordre alphabétique, ils sont deux cents cas particuliers. Rangés par la façon dont ils sonnent, ils forment une petite dizaine de familles, et la plupart s'apprennent par groupes entiers.
- GrammaireLa grammaire anglaise, niveau par niveauOn révise rarement la grammaire dans l'ordre. On révise le point qui a fait trébucher hier, puis un autre, sans savoir s'il fallait le savoir déjà. Cette page range les règles par palier, pour que vous sachiez ce qui vous attend et ce qui peut patienter.
- ConjugaisonLe présent simple et le présent en -ing, et lequel choisirL'anglais a deux présents là où le français en a un. Ce n'est pas une subtilité de style : choisir l'un ou l'autre change ce que la phrase raconte. Voici la frontière, et les cas où elle se déplace.
