Claire prépare un oral. Sur sa feuille, deux phrases se ressemblent tellement qu'elle a entouré les deux : "I will meet him tomorrow" et "I'm meeting him tomorrow". Même personne, même rendez-vous, même demain. Elle voudrait savoir laquelle est juste.
Les deux le sont. Elles ne disent simplement pas la même chose. La première annonce une intention qui vient de se former ou une promesse ; la seconde dit que c'est dans l'agenda, que l'heure est fixée, que l'autre est au courant. Un examinateur entendra la différence même si Claire ne l'a pas voulue.
C'est tout le problème du futur anglais. Le français conjugue le verbe et l'affaire est réglée : je le verrai demain. L'anglais, lui, vous demande de choisir un point de vue avant de parler. Preuve, avez-vous une preuve, ou juste une envie ?
La bonne nouvelle : il y a trois formes principales, elles se distinguent par une question simple, et cette question tient en huit mots.
L'essentiel
- L'anglais exprime le futur sans temps futur : will + infinitif sans to, be going to + infinitif, et le présent continu employé pour un projet daté sont les trois formes courantes.
- Will sert aux décisions prises sur le moment, aux promesses, aux offres et aux prédictions sans indice matériel ; be going to sert aux intentions déjà formées et aux prédictions appuyées sur ce qu'on voit.
- Après if, when, as soon as, before et until, l'anglais emploie le présent et non will : "I'll call you when I arrive", jamais "when I will arrive".
Trois formes, et une question pour les séparer
Commençons par la mécanique, elle est légère. Will s'emploie avec l'infinitif sans to, à toutes les personnes, sans exception : I will go, she will go, they will go. Pas de -s à la troisième personne, jamais. La contraction 'll est la norme à l'oral et à l'écrit courant, et la négation se contracte en won't, forme qui surprend toujours parce qu'elle ne ressemble pas à will not.
Be going to demande le verbe be conjugué au présent, puis going to, puis l'infinitif : I am going to call, he is going to call, we are going to call. C'est le verbe be qui porte la personne et la négation, comme dans "she isn't going to come".
Le présent continu, enfin, se construit comme d'habitude, be + verbe en -ing, mais avec une indication de temps futur qui lève l'ambiguïté : "We're leaving on Friday". Sans le vendredi, la phrase parlerait du moment présent.
Reste à choisir. La question qui tranche dans la grande majorité des cas est celle-ci : est-ce que quelque chose existe déjà avant que je parle ? Un plan, une réservation, un nuage noir, une décision prise hier. Si oui, going to ou le présent continu. Si la phrase naît au moment où vous l'énoncez, will.
Will : ce qui se décide en parlant
Will appartient au moment de la parole. On l'emploie quand la décision se prend là, devant l'interlocuteur, sans préparation. Le serveur demande ce que vous voulez, vous regardez la carte, vous répondez : "I'll have the soup." Personne ne dirait "I'm going to have the soup" dans cette situation, parce que rien n'était décidé avant d'ouvrir le menu.
Le deuxième usage est l'engagement pris envers quelqu'un : promesse, offre, refus. "Don't worry, I won't tell anyone." "I'll help you with that box." "I won't sign this." Dans les trois cas, la phrase crée l'engagement, elle ne le rapporte pas.
Troisième usage, la prédiction sans preuve sous les yeux : opinion, calcul, pari. "I think prices will go up next year." On le repère à la compagnie qu'il tient, souvent I think, I'm sure, probably, maybe, I expect. C'est du raisonnement, pas de l'observation.
Enfin, will accompagne les faits considérés comme inévitables ou les vérités à venir : "The meeting will last two hours." "You'll be fine." Là, aucune intention personnelle n'entre en jeu, juste la conviction que les choses se dérouleront ainsi.
Une remarque de prononciation, qui compte à l'examen d'écoute. Won't et want se confondent facilement pour une oreille française. Le premier a la voyelle longue de "phone", le second celle de "pot".
Be going to : ce qui existait avant la phrase
Going to raconte une décision antérieure. Vous y avez pensé hier, la semaine dernière, ce matin dans le métro, et vous l'annoncez maintenant : "We're going to move to Lisbon." La phrase suppose un avant. C'est pour cela qu'elle sonne plus solide que will dans la conversation, et qu'un recruteur qui vous demande vos projets attend plutôt cette forme.
Le second emploi est la prédiction fondée sur un indice présent. Quelque chose se voit, s'entend, se sent, et on en tire la conséquence : "Look at that sky, it's going to rain." "She's going to be late, she hasn't even left." Ici, will passerait pour une opinion en l'air alors qu'il y a une preuve à l'appui.
Ce contraste entre indice et opinion est le point de bascule le plus fréquemment testé. Une phrase comme "Careful, you're going to drop it" décrit ce que l'on voit arriver dans l'instant, poignée qui glisse, bras qui tremble. "You'll drop it if you carry all four" formule une hypothèse.
À l'oral, going to se réduit très souvent en gonna, y compris chez des locuteurs très soignés en registre familier. Vous l'entendrez partout dans les séries et les podcasts. Ne l'écrivez pas dans un devoir ni dans un courriel professionnel : la forme est reconnue à l'oral, elle reste hors norme à l'écrit.
- I'll speak to her about it
- Décision prise à l'instant, souvent en réponse à ce que quelqu'un vient de dire. Cela ressemble à une promesse.
- I'm going to speak to her about it
- Intention déjà formée, peut-être depuis plusieurs jours. Le moment n'est pas nécessairement fixé.
- I'm speaking to her at four
- Le rendez-vous existe, l'heure est prise, l'autre personne est au courant. Un arrangement, pas une intention.
- I speak to her every Monday
- Présent simple : ce n'est plus du futur mais une habitude. La confusion est fréquente quand on cherche à décrire un programme régulier.
Le présent qui parle du futur, et où il est obligatoire
Le présent continu prend en charge tout ce qui est convenu avec d'autres : rendez-vous, voyages, dîners, réunions. "They're arriving on the 6.40 train." "I'm having lunch with the team on Thursday." Un agenda derrière la phrase, voilà la condition. Sans agenda, going to fait mieux l'affaire.
Le présent simple, lui, s'emploie pour les horaires officiels, ceux qui ne dépendent de personne dans la conversation : trains, avions, cinémas, programmes. "The film starts at eight." "Our flight leaves at midnight." C'est le même usage qu'en français, où l'on dit volontiers le train part à six heures.
Vient ensuite la règle la plus rentable de toute la page, celle qui fait gagner des points partout. Après if, when, as soon as, before, after, until et while, l'anglais n'emploie pas will, mais le présent, même si le sens est clairement futur. "I'll text you as soon as I land." "We'll start when everyone is here." "Wait until it stops raining."
La faute est si courante chez les francophones qu'elle sert de marqueur : nous conjuguons volontiers quand j'arriverai, je te préviendrai, et nous transportons le futur dans les deux moitiés de la phrase. En anglais, une seule des deux le porte.
Attention à un piège dans le piège : when peut aussi introduire une vraie question, et là will redevient possible. "When will you arrive?" est parfaitement correct, parce que when interroge au lieu de subordonner.
Les confusions qui coûtent le plus cher
Certaines erreurs passent inaperçues, d'autres arrêtent net la compréhension. Celles qui suivent appartiennent à la seconde catégorie, soit parce qu'elles changent le sens, soit parce qu'elles signalent immédiatement une traduction mot à mot du français.
Ce qu'on écrit spontanément, ce qui se dit
Les formes de gauche ne sont pas maladroites, elles sont fausses ou disent autre chose que ce que vous vouliez dire.
When I will be in London, I'll call you.
When I'm in London, I'll call you.
Après when, as soon as, until, l'anglais met le présent. Le futur ne se marque qu'une fois, dans l'autre moitié de la phrase.
She will to send the file.
She will send the file.
Will est suivi de l'infinitif sans to, et jamais d'un -s à la troisième personne.
Tomorrow I go to Berlin.
Tomorrow I'm going to Berlin.
Le présent simple ne sert au futur que pour les horaires impersonnels. Pour un déplacement personnel déjà prévu, le présent continu.
I will visit my parents next weekend, it's booked.
I'm visiting my parents next weekend.
Dès qu'un arrangement existe, will sonne comme une décision improvisée et contredit le reste de la phrase.
Look, it will rain.
Look, it's going to rain.
L'indice est sous les yeux : going to. Will aurait fait de cette observation une simple opinion.
Ce que le choix laisse entendre de vous
En réunion, ces formes portent bien plus que du temps. Dire "I'll send it over" engage votre parole à l'instant, et l'interlocuteur note que vous venez de vous porter volontaire. Dire "I'm going to send it over" décrit un plan qui existait déjà, ce qui rassure sur l'organisation mais n'a rien d'un engagement nouveau. Deux phrases, deux positions dans la discussion.
Le même écart joue dans le refus. "I won't do that" est catégorique, presque frontal, parce que won't garde une valeur de volonté. "I'm not going to do that" décrit une intention établie et passe souvent mieux, la nuance étant qu'on constate au lieu de s'opposer. Ceux qui travaillent leur anglais professionnel découvrent souvent que le ton d'une réunion tient à ce genre de détail plus qu'au vocabulaire.
Reste le cas de shall, que les manuels anciens présentaient comme le futur de la première personne. Il a presque disparu de l'affirmation. Il survit surtout dans les propositions et les offres, à la forme interrogative : "Shall we begin?" "Shall I open the window?" Là, il reste vivant et très utile, plus élégant que should dans ce contexte.
Une fois que les trois formes principales sont en place, la suite s'ouvre naturellement : will have finished, will be working, was going to. Ces temps composés du futur relèvent des paliers B1 et B2, et le parcours palier par palier montre l'ordre dans lequel ils s'ajoutent sans se marcher dessus.
Un dernier conseil, plus efficace que n'importe quel tableau. Prenez votre agenda de la semaine et décrivez-le à voix haute, en anglais, en changeant de forme selon ce qui est fixé et ce qui n'est qu'une intention. Vous saurez en trois minutes lesquelles vous manquent.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre will et going to ?
Will s'emploie pour une décision prise au moment où l'on parle, une promesse, une offre ou une prédiction fondée sur une opinion : "I'll call you back." Going to s'emploie pour une intention formée avant de parler et pour une prédiction appuyée sur un indice visible : "We're going to redo the kitchen", "It's going to rain." Les deux sont corrects dans beaucoup de phrases, mais ils ne racontent pas la même histoire. La question utile est : est-ce que ce projet existait avant ma phrase ?
Peut-on utiliser le présent pour parler du futur en anglais ?
Oui, et c'est même très courant. Le présent continu sert aux projets convenus avec d'autres, avec une indication de temps : "I'm seeing the dentist on Monday." Le présent simple sert aux horaires officiels, trains, vols, séances : "The train leaves at seven." Dans les deux cas, l'indication de temps est ce qui empêche de comprendre la phrase comme un présent.
Pourquoi ne dit-on pas « when I will arrive » ?
Parce qu'en anglais, les subordonnées de temps et de condition introduites par when, if, as soon as, before, after, until et while se construisent au présent, même quand le sens est futur. On dit donc "I'll unpack when I arrive", avec le futur dans une seule des deux propositions. La faute est fréquente chez les francophones parce que le français, lui, met le futur dans les deux. Exception : quand when introduit une vraie question, will redevient possible, comme dans "When will you arrive?"
Will prend-il un -s à la troisième personne ?
Non, jamais. Will est un auxiliaire modal : il ne varie pas selon la personne et il est suivi de l'infinitif sans to. On écrit "he will decide", pas "he wills" ni "he will to decide". La négation est will not, contractée en won't, et la question se forme par inversion : "Will she come?"
Shall est-il encore employé ?
Très peu comme marque du futur, où will l'a remplacé dans presque tous les usages. Il reste vivant à la forme interrogative, pour proposer quelque chose ou offrir son aide : "Shall we start?", "Shall I carry that?" On le rencontre aussi dans les textes juridiques et contractuels, où il exprime une obligation. En conversation courante, retenez-le surtout pour les propositions.
Pour aller plus loin
- La grammaire anglaise, niveau par niveauToutes les fiches rangées par palier du CECRL, de A1 à C1. Utile pour voir ce qui précède un point et ce qui le suit.
- Poser une question en anglaisL'ordre des mots, do, does, did, et l'inversion qui s'applique aussi à will et aux autres auxiliaires.
- Le prétérit régulier et la prononciation du -edLe versant passé du même palier, avec les trois prononciations du -ed que l'écrit ne laisse pas deviner.
- Le test de niveauUn repère pour situer votre palier actuel sur l'échelle du CECRL, et voir quels points vous sont acquis.
Dans le dossier Ressources
- ConjugaisonLes verbes irréguliers anglais, classés par sonoritéRangés par ordre alphabétique, ils sont deux cents cas particuliers. Rangés par la façon dont ils sonnent, ils forment une petite dizaine de familles, et la plupart s'apprennent par groupes entiers.
- GrammaireLa grammaire anglaise, niveau par niveauOn révise rarement la grammaire dans l'ordre. On révise le point qui a fait trébucher hier, puis un autre, sans savoir s'il fallait le savoir déjà. Cette page range les règles par palier, pour que vous sachiez ce qui vous attend et ce qui peut patienter.
- ConjugaisonLe présent simple et le présent en -ing, et lequel choisirL'anglais a deux présents là où le français en a un. Ce n'est pas une subtilité de style : choisir l'un ou l'autre change ce que la phrase raconte. Voici la frontière, et les cas où elle se déplace.
