Camille relit un courriel avant de l'envoyer. Une phrase l'arrête : « The colleague which sent the report is on holiday. » Elle sait que quelque chose cloche, sans savoir quoi exactement. Elle remplace which par who, envoie, passe à autre chose.
Elle avait raison. Mais le lendemain, sur une autre phrase, elle hésite encore, et cette fois la bonne réponse aurait été that. Le réflexe « personne égale who, chose égale which » l'a sauvée une fois et va la lâcher la suivante, parce qu'il ne répond qu'à une seule des deux questions que pose une relative.
La première question porte sur ce que le pronom remplace. La seconde, celle qu'on n'apprend presque jamais, porte sur le rôle de la relative dans la phrase : est-ce qu'elle identifie de qui on parle, ou est-ce qu'elle ajoute une information sur quelqu'un déjà identifié ? Tant que cette seconde question n'est pas posée, that reste un mystère et la virgule un ornement.
Elle n'en est pas un. Elle change le sens.
L'essentiel
- Who renvoie à une personne, which à une chose ; that peut remplacer l'un ou l'autre, mais seulement dans une relative qui identifie l'antécédent, jamais dans une relative encadrée de virgules.
- Le pronom relatif se supprime quand il est complément d'objet : the book (that) I read est correct, alors que the book that changed my life ne peut pas perdre son that, sujet du verbe.
- La virgule n'est pas décorative : my brother who lives in Berlin suppose plusieurs frères, my brother, who lives in Berlin, suppose qu'il n'y en a qu'un.
Deux questions à poser, dans cet ordre
Une proposition relative est un morceau de phrase qui vient se greffer sur un nom pour en dire quelque chose. The woman who called you. The report which arrived this morning. Le nom sur lequel elle se greffe s'appelle l'antécédent, et le petit mot qui fait la jointure, le pronom relatif.
Première question : cet antécédent, c'est une personne ou pas ? Personne, c'est who. Chose, animal, idée, événement, c'est which. The engineer who designed the bridge. The email which crashed the server. Cette partie de la règle ne pose de problème à personne plus de deux semaines.
Deuxième question, et c'est celle qui compte : la relative sert-elle à savoir de qui ou de quoi on parle ? Comparez The candidate who speaks Mandarin got the job, où la relative désigne lequel parmi plusieurs candidats, et Our new director, who speaks Mandarin, arrives on Monday, où le directeur est déjà identifié et où la relative ajoute un détail au passage.
Le premier type s'appelle relative déterminative, ou defining. Le second, appositive, ou non-defining. Toute la suite de cette page en découle : la possibilité d'employer that, la possibilité de supprimer le pronom, et l'obligation de mettre des virgules dépendent de cette distinction et d'elle seule.
That remplace who et which, mais pas partout
Dans une relative déterminative, that est interchangeable avec who et which, pour les personnes comme pour les choses. The man that fixed the boiler et The man who fixed the boiler sont tous deux corrects. The train that leaves at six et The train which leaves at six aussi.
Le choix relève alors du registre et de l'habitude. That est plus fréquent à l'oral et dans l'écrit courant, en particulier pour les choses : beaucoup d'anglophones diront the file that I sent plutôt que the file which I sent, qu'ils réservent à un écrit plus soutenu. Pour les personnes, who reste très majoritaire, et that s'entend surtout à l'oral rapide.
La limite est nette dans l'autre sens. Dans une relative appositive, celle qui est encadrée de virgules, that ne s'emploie pas. On écrit My grandmother, who was born in Naples, never learned English, et jamais My grandmother, that was born in Naples. De même Her latest novel, which won a major prize, sold badly. Remplacez which par that et la phrase sonne fausse à une oreille anglophone.
Un cas mérite d'être signalé, parce qu'il explique des corrections apparemment contradictoires. Certains guides de style américains recommandent de réserver which aux relatives appositives et d'employer that dans toutes les déterminatives. C'est une règle de style, pas de grammaire : elle est appliquée par de nombreux relecteurs aux États-Unis, elle ne l'est pas en Grande-Bretagne, et une déterminative en which n'est fausse dans aucun des deux pays.
- Après une virgule
- Interdit. The museum, which opened last year, is already too small. Aucune version en that n'est possible ici.
- Après une préposition placée devant le pronom
- On écrit the colleague with whom I travelled, ou plus couramment the colleague that I travelled with, en rejetant la préposition à la fin. With that est impossible.
- Comme équivalent de whose
- Pour la possession, whose ne se remplace pas : the writer whose books you lent me. Ni that ni which ne conviennent.
- Dans une relative qui commente toute la phrase
- He arrived two hours late, which annoyed everyone. Which reprend ici l'ensemble de ce qui précède, et that n'a pas cet emploi.
Quand le pronom peut disparaître, et quand il ne peut pas
C'est le point qui déroute le plus les francophones, parce que le français ne le permet jamais. En anglais, le pronom relatif se supprime quand il est complément d'objet du verbe de la relative. The film we watched last night was terrible. The person you met is my sister. Rien ne manque, la phrase est parfaitement construite.
Il ne se supprime pas quand il est sujet. The film that won the prize était impossible sans that : le verbe won a besoin de son sujet. Même chose pour The neighbour who complained about the noise. Retirez le pronom et la phrase s'effondre.
Le test tient en un geste. Regardez ce qui suit immédiatement le pronom : si c'est un verbe conjugué, le pronom est sujet et reste. Si c'est un nom ou un pronom personnel, autrement dit un nouveau sujet, le pronom relatif est complément et peut partir. The report that arrived, verbe juste après, on garde. The report that she wrote, nouveau sujet juste après, on peut dire the report she wrote.
Deux réserves. L'omission ne concerne que les relatives déterminatives : une appositive garde toujours son pronom, y compris quand il est complément, comme dans This painting, which I bought in Lisbon, cost almost nothing. Et si la préposition est placée devant le pronom, le pronom reste également : the house in which he grew up, contre the house he grew up in, où l'omission redevient possible.
La virgule change le sens, pas la ponctuation
Prenez deux phrases identiques à deux virgules près. My sister who lives in Canada is a doctor sous-entend que vous avez plusieurs sœurs, et que la relative sert à dire de laquelle il s'agit. My sister, who lives in Canada, is a doctor sous-entend que vous n'en avez qu'une, et que le Canada est une information supplémentaire.
L'effet est encore plus visible sur un pluriel. The passengers who had no ticket were asked to leave : seuls ceux-là sont sortis. The passengers, who had no ticket, were asked to leave : ils sont tous sortis, et aucun n'avait de billet. Un relecteur anglophone lira cette différence sans y penser.
La conséquence pratique est qu'on ne place pas une virgule devant une relative pour aérer la phrase. Elle se place quand l'antécédent est déjà identifié sans elle, et c'est souvent le cas des noms propres et des possessifs : Prague, which she had never visited, disappointed her. Un nom propre n'a pas besoin d'être identifié, donc la relative qui le suit est presque toujours appositive et prend des virgules.
À l'oral, la virgule s'entend. Une relative appositive est précédée d'une petite pause et prononcée sur un ton légèrement plus bas, comme une parenthèse. Une déterminative s'enchaîne au nom sans rupture. Si vous vous relisez à voix haute, vous entendrez souvent laquelle des deux vous étiez en train de dire.
Les fautes qui reviennent le plus
Certaines viennent de la traduction directe du français, d'autres d'une règle apprise à moitié. Elles se corrigent vite parce qu'elles sont peu nombreuses et toujours les mêmes.
Une dernière, très fréquente et rarement signalée : le sujet repris deux fois. En français, on ne dirait jamais « le livre que je l'ai lu », mais l'erreur ressort en anglais sous la forme The book that I read it was long. Le pronom relatif occupe déjà la place du complément ; ajouter it fait double emploi. Même logique pour The woman who she called me, où who est déjà le sujet.
Six phrases à redresser
Chaque ligne isole une erreur unique, pour que la correction soit lisible.
The company which employees went on strike
The company whose employees went on strike
La relation est possessive : ce sont les employés de l'entreprise. Seul whose exprime cela, y compris pour une chose ou une organisation.
My laptop, that I bought in June, broke
My laptop, which I bought in June, broke
Entre virgules, that est exclu. La relative ajoute une information sur un objet déjà identifié par le possessif.
The people which live upstairs
The people who live upstairs
People désigne des personnes malgré la forme du mot. Which ne convient pas ; that serait accepté à l'oral.
The train arrives at noon is late
The train that arrives at noon is late
Le pronom est sujet du verbe arrives, il ne peut pas être supprimé. L'omission ne vaut que pour les compléments d'objet.
The friend to who I wrote
The friend to whom I wrote
Après une préposition antéposée, la forme est whom. À l'oral, on dira plutôt the friend I wrote to.
She missed the deadline, that surprised us
She missed the deadline, which surprised us
Le pronom reprend toute la proposition précédente, pas un nom. Cet emploi appartient à which seul.
Ce que les relatives vous font gagner
Au palier B1, l'obstacle n'est plus le vocabulaire, c'est la longueur des phrases. Sans relative, on parle par blocs de six mots : I have a colleague. He works in Lyon. He speaks Italian. Tout est juste, tout est correct, et l'ensemble donne l'impression d'un niveau plus bas que le vôtre.
Avec une relative, les trois blocs deviennent un : I have a colleague who works in Lyon and speaks Italian. Le gain n'est pas esthétique. Dans une réunion, la personne qui vous écoute suit un raisonnement au lieu de recoller des morceaux, et vous gardez la parole plus longtemps sans être interrompu à chaque point final.
C'est aussi le moment où la précision devient possible. Dire the document I sent you yesterday plutôt que the document, puis expliquer lequel, évite un aller-retour entier. Beaucoup de malentendus professionnels en anglais tiennent à cela : l'antécédent n'a pas été identifié, et l'interlocuteur a deviné de travers. Les relatives déterminatives servent exactement à empêcher cette devinette, et c'est pour ça qu'elles arrivent à ce palier plutôt qu'un cran au-dessus.
Pour situer ce point parmi les autres, la grammaire anglaise rangée niveau par niveau montre ce qui se travaille juste avant et juste après. Et si vous voulez éprouver la règle en situation, quelques minutes de conversation suffisent : elle passe en réflexe bien plus vite à l'oral qu'en exercice écrit, ce qui est tout l'objet des cours d'anglais où l'on parle du début à la fin.
Un détail pour finir, qui vous fera repérer les relatives partout : l'anglais parlé les enchaîne volontiers sans pronom, et une phrase comme the guy I told you about the one who moved to Oslo se comprend sans effort à l'oreille. C'est le signe que le mécanisme est devenu automatique, et non qu'il a été oublié.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre who, which et that en anglais ?
Who renvoie à une personne, which à une chose, un animal, une idée ou un événement. That peut remplacer les deux, mais uniquement dans une proposition relative qui sert à identifier de qui ou de quoi on parle, sans virgules. Dès qu'il y a des virgules autour de la relative, that est exclu et il faut who ou which. Par exemple : the man who called, the report which arrived, the report that arrived, mais My report, which arrived late, was rejected.
Peut-on toujours remplacer which par that ?
Non. Le remplacement fonctionne dans une relative déterminative, celle qui précise de quoi on parle : the train which leaves at six et the train that leaves at six sont équivalents. Il est impossible dans une relative entre virgules, ainsi que quand which reprend toute la proposition précédente, comme dans He forgot the keys, which delayed everyone. Une préposition placée devant le pronom l'exclut également : in which est correct, in that ne l'est pas.
Quand peut-on supprimer le pronom relatif ?
Quand il est complément d'objet du verbe de la relative, et que la relative n'est pas entre virgules. The book I read, the person you met, the film we watched : le pronom est sous-entendu et la phrase reste correcte. Il faut le garder quand il est sujet : the book that won the prize ne peut pas s'écrire the book won the prize. Le repère est ce qui suit le pronom : un verbe conjugué signifie qu'il est sujet et qu'il reste.
Faut-il une virgule avant who ou which ?
Seulement si la relative ajoute une information sur un antécédent déjà identifié. My sister, who lives in Canada, is a doctor suppose une seule sœur ; My sister who lives in Canada is a doctor suppose qu'il y en a plusieurs et distingue laquelle. La virgule modifie donc le sens et ne sert jamais à aérer la phrase. Les noms propres et les noms précédés d'un possessif appellent presque toujours des virgules, puisqu'ils sont déjà identifiés.
Whom est-il encore utilisé ?
Oui, mais dans des emplois précis. Whom reste attendu après une préposition placée devant le pronom : the client to whom we wrote, the colleague with whom I travelled. Dans la langue courante, on préfère rejeter la préposition à la fin et supprimer le pronom : the client we wrote to. À l'écrit formel, un rapport, une lettre officielle, whom reste tout à fait vivant et son absence se remarque.
Pour aller plus loin
- La grammaire anglaise, niveau par niveauTous les points de grammaire rangés par palier du CECRL, du présent simple aux structures les plus tardives. Utile pour voir ce qui vient après les relatives.
- Le past perfect, et le moment exact où il devient nécessaireL'autre grande structure qui allonge les phrases, et la seule façon de dire proprement qu'un événement précède un autre passé.
- L'ordre des adjectifs en anglaisUne règle rarement enseignée mais appliquée par tous les anglophones, qui décide de la place de chaque adjectif avant le nom.
- Le test de niveauUn repère pour savoir où vous en êtes sur l'échelle des dix niveaux, et quels points de grammaire sont attendus au palier suivant.
Dans le dossier Ressources
- ConjugaisonLes verbes irréguliers anglais, classés par sonoritéRangés par ordre alphabétique, ils sont deux cents cas particuliers. Rangés par la façon dont ils sonnent, ils forment une petite dizaine de familles, et la plupart s'apprennent par groupes entiers.
- GrammaireLa grammaire anglaise, niveau par niveauOn révise rarement la grammaire dans l'ordre. On révise le point qui a fait trébucher hier, puis un autre, sans savoir s'il fallait le savoir déjà. Cette page range les règles par palier, pour que vous sachiez ce qui vous attend et ce qui peut patienter.
- ConjugaisonLe présent simple et le présent en -ing, et lequel choisirL'anglais a deux présents là où le français en a un. Ce n'est pas une subtilité de style : choisir l'un ou l'autre change ce que la phrase raconte. Voici la frontière, et les cas où elle se déplace.
